Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois
Satanés haricots verts
Je les avais toujours détestés, pourtant les gens disaient d’eux, qu’ils étaient comme les autres, ni plus, ni moins ! Moi, je les exécrais, surtout le dimanche soir ! C’était pourtant le mets favori de ma grand-mère. Ils étaient entreposés à la cave et lorsqu’elle en revenait, elle tenait le bocal entre ses deux mains, avec tellement de précautions, qu’on eut dit des trophées. Dans cette cave, ils y étaient rangés avec ordre et étiquetés avec rigueur. Ses monticules de bocaux qui couvraient les étagères étaient pour elle la vraie richesse, celle de ne jamais manquer ! C’était aussi pour elle, l’occasion de se simplifier la vie ce jour là, ainsi le menu était vite trouvé et comme ma propre mère était plus experte à l’aiguille à coudre qu’aux fourneaux, nous devions bien nous y résoudre.
Ma grand-mère n’était pas une femme nonchalante, elle était sans cesse occupée à quelque chose. Elle passait ainsi tous ses dimanches après-midi devant les fourneaux pour nous faire de bons gâteaux qu’encore chaud, il m’arrivait de consommer. Elle voyait bien, du coin de l’œil mes chapardages et en était certainement bien consciente, car contrairement au Christ, elle ne pratiquait pas la multiplication des pains et le plat aurait du être à la fin plus que remplit. Elle me le faisait d’ailleurs remarquer par des bruissements divers, j’étais découvert ! Mais rien ne pouvait stopper ma gourmandise, pas même ses doux reproches, elle avait au moins la satisfaction d’avoir fait plaisir à quelqu’un, me disais-je hypocritement !
Le dîner du dimanche soir arrivant, elle n’appréciait guère que l’on fasse la grimace devant son menu si amoureusement préparé. Moi, je les trouvais fades, en plus, ils avaient le don de me donner le cafard, ses satanés haricots verts. Eh oui ! Le lundi était jour d’école et ça passait encore moins bien que ces trucs plus ou moins longs, souvent pleins de fils et d’un vert tellement moche, qu’ils ne pouvaient même pas porter chance ! Elle s’était pourtant donné tant de mal aux beaux jours pour les cueillir et ensuite les équeuter, au point d’en avoir le dessous des ongles douloureux !