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Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois

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Les coquelicots

Les coquelicots.

 

Devant son chevalet, le peintre était soucieux. Il avait beau se lisser la barbe, comme il avait l’habitude de le faire à l’apparition d’une anomalie, rien n’y faisait. Ces sacrés coquelicots ne rendaient rien, ou tout au moins pas ce qu’il en espérait. Les taches plus ou moins clairsemées qu’il avait peintes pour les matérialiser, ne lui donnaient vraiment pas satisfaction. L’impression de vallonnement, qu’il devait donner à la composition, n’y était pas. Faire des semis sur un tableau, l’avait d’ailleurs toujours agacé, mais là, trop c’était trop ! Il était passablement énervé de cette situation, au point qu’il n’aurait supporté, à ce moment, aucun commentaire sur son travail et pourtant…

 

Les gens pensent que c’est chose facile. Mais, lorsque l’on peint des semis comme ceux-là, le hasard disparait le plus souvent, pour laisser place invariablement à l’envie de les ranger en quinconce, c’est plus naturel, c’est aussi plus moche ! Bien sûr, il sait que compte tenu de la perspective, ceux du premier plan sont plus détaillés que ceux au fond du tableau, ça il maîtrise ! Du coup, il laisse les coquelicots, il y reviendra plus tard ! Il va peindre l’ombrelle, la femme et l’enfant du premier plan. Il attaque ensuite le ciel. Ah ça, il aime les ciels ! Surtout quand il y a des nuages, d’ailleurs s’il n’y en a pas, il en met systématiquement ! Puisque pour lui, peindre des ciels unis, lui donne l’impression de peindre les murs de sa chambre ! En prenant du recul avec son travail, il observe de nouveau ce qu’il a fait... Il n’est toujours pas prêt à peindre les coquelicots, alors il se met à peindre les arbres. Ces taches sombres qui marquent l’horizon scindent en deux la composition et viennent de marquer la perspective, il le sait, il le sent…!

 

Il vient, avec ces arbres sombres et grossiers plantés en plein milieu du décor, de se retrouver avec sa peinture. Il pensait l’instant précédent avoir tout raté, mais ça revient, il se sent plus à l’aise ! Il passe donc aux touches rouges des fleurs de coquelicots, ses gestes deviennent frénétiques rajoutant de ci, de là du volume, le brossant de touches multiples, il alterne les couleurs, au point d’oublier les deux personnages, qui sur son modèle, en haut à gauche, semblent suivre un chemin imaginaire. Il les peint avec soin, ça y est, ce coup-ci, il pense avoir terminé ! Il se pose un instant, décide de prendre du recul, quelques longs pas en arrière, sans regarder où il mettait les pieds, il trébuche…il a oublié qu’une chaise trônait là, il s’y retrouve assis, un peu surpris…

 

Il a la sensation d’être à ce moment là, très bête, ridicule même. Mécaniquement, il se retourne guettant dans le vide de la pièce un éventuel regard indiscret, mais il n’y a personne…à part Claude Monet qui sur un poster géant affiché au mur derrière lui, dresse vers son admirateur, copieur, un regard ombrageux semblant lui dire : ce n’est pas parfait… il doit manquer quelques coquelicots !

 

 

 

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