Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois
Une nuit sans lune
La campagne environnante était happée par la nuit noire et cela n’arrangea pas mes affaires, je ne disposai en dehors d’un briquet d’aucun éclairage. Si seulement, je n’étais pas allé me fourvoyer dans cette forêt ! Et tout cela, pour prendre un raccourci !
La connivence entre ma panne de voiture et la perte de repère géographique, coalisait contre moi toutes les énergies. Petit à petit, ma vue s’habitua pourtant à l’obscurité. J’essayais ainsi de deviner les obstacles du chemin. Essayer, était d’ailleurs le terme adéquat, car en plein jour ma vue n’était déjà pas bonne, alors la nuit…
Je marchai pendant un long moment sans que rien ne se passe, juste quelques bruits furtifs d’animaux dans les broussailles. Je fus tellement fâché de la déconvenue, que je ne cherchai même pas à repérer les odeurs, qui devaient pourtant être présentes dans ces sous bois. J’arrivai ensuite à un embranchement de deux chemins, qui me jetèrent dans l’expectative. L’hypothétique bonne direction était-elle à gauche ou à droite ? La décision, dans ces circonstances, amenait assurément à un résultat aussi imbuvable qu’hasardeux ! Je m’arrogeai le droit du hasard : la droite !
Quelques minutes après avoir obliqué dans cette direction, j’aperçus deux points lumineux, qui semblaient se déplacer perpendiculairement devant moi et un bruit… un bruit, qui ressemblait à s’y méprendre au feulement d’un fauve ! Bien sûr, trouver dans nos contrées, aux tréfonds d’une forêt française, fusse-t-elle éloignée de toute habitation, un tel animal, relevait de la pure utopie ! Ce devait être un chat en quête de gibier, qui passant par là, s’effraya de me voir ! Je fus pourtant intimement persuadé que, s’il s’agissait d’un chat, même sauvage, ce n’était pas ma présence ici qui pouvait l’avoir apeuré à ce point, mais quelque chose de bien plus intrigant… Les deux points lumineux disparurent et je continuai à marcher…
Je me rendis compte, au bout d’un moment, que mon choix directionnel n’avait pas été le bon ! J’arrivai dans une espèce de cul de sac. Je trébuchai sur des gravats et chutai lourdement au sol. Grimaçant de douleur, je me relevai. Mes genoux étaient maintenant endoloris. Les ronces s’étaient accrochées à mes vêtements et en tirant dessus pour m’en défaire, le tissu s’était déchiré laissant mon vêtement en lambeaux. J’étais désormais loqueteux et écorché de partout. lorsque que je fus prêt à repartir, j’aperçus devant moi, gisant au sol, différents objets indéterminés. Je m’approchai…
Il y avait là, jonchant le sol, outre les restants d’un vieux feu de camp : un livre écorné. J’allumai mon briquet pour mieux voir. Il avait pour titre « l’œil du sorcier » Je l’ouvris. Il comportait une dédicace énigmatique suivie d’un gribouillis et d’une signature illisible. Il y avait aussi, une vieille poupée toute dépenaillée. Les cavités orbitales étaient vides. La chevelure toute ébouriffée, semblait avoir été confectionnée avec une touffe de chanvre. Un vulgaire bout de chiffon tenait lieu de robe. Mais ce qui m’intrigua le plus, fut qu’elle était criblée d’épingles en acier, de la tête au pied…
J’en fus tout retourné, subjugué même et je quittai les lieux en m’orientant vers la droite, une fois de plus. Je risquai juste de tourner en rond, me suis-je dis ! Peu importait, je n’eus qu’une hâte : fuir.
Un frisson me descendit le long du dos. Le froid commençait à me saisir. Tout en accélérant le pas, je me posai de plus en plus de questions sur la direction prise et l’issue du chemin !
Ma question silencieuse trouva une réponse imprévue ! Le chemin après avoir suivi une courbe brusque s’arrêtait devant une clôture grillagée ! Un portail coulissant interdisait l’entrée d’une propriété, qui semblait être celle d’un garde forestier.
Je décidai d’attendre, ici, le jour se lever. Assis sur le sol herbeux, entre une touffe de broussailles et la clôture, je patientais.
Il ne s’était pas passé une heure, lorsque j’aperçu dans l’allée empruntée tout à l’heure, un faisceau lumineux inquisiteur, balayer en tout sens l’obscurité…
L’homme était coiffé d’une casquette. Il me fit penser au garde forestier. Il tenait à la main la poupée que j’avais vue toute à l’heure…