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Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois

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La rumeur

      

 

 

Il n’avait paru manifester aucune émotion aux funérailles de sa tante, pourtant à la façon brutale, qu’il eut de  tourner la clé dans la serrure de la porte d’entrée, on décelait une grande nervosité. Personne au village n’aurait pu comprendre les liens qui le liaient à sa tante.

Il était de plus en plus décidé à faire cesser les rumeurs malveillantes qui traînaient sur lui.

 

Lorsqu’il était arrivé, la veille de la cérémonie, il avait marché dans les rues du village, cherchant à y retrouver un visage connu. La tentative était compromise d’avance. Les années passées et l’oubli avaient fait leur œuvre. Il n’avait vu que des rideaux se tirer derrière des fenêtres closes, des persiennes se fermer et quelques regards suspicieux, adressés à l’étranger qu’il était devenu.

Dans cet univers restreint de petit village de campagne, tout le monde se connaissait et le moindre faux pas était souvent mal interprété. Il a trouvé normal de venir aux obsèques de sa tante, pour qu’elle ait derrière son corbillard, autre chose qu’une ribambelle de mauvaises langues. Il y était d’autant plus obligé, qu’elle n’avait plus de famille en dehors de lui…! Alors quand l’hôpital l’avait appelé pour lui dire qu’elle était bien fatiguée, il avait compris à demi-mot ce qui allait advenir.

Certains bons paroissiens, mais grandes mauvaises langues, ne s’étaient pas gênés de dire presque tout haut, que : s’il était revenu là, c’était pour rien d’autre que l’argent. Il faut dire, qu’il n’a jamais été bien vu dans le village et cela avait toujours été, même gamin, quand il venait passer ses vacances d’été, on se moquait de lui, on le traitait de « petit parigot ! » 

 

Sa tante l’aimait beaucoup, mais ne lui passait rien. Les relations s’en trouvaient quelquefois tendues. Il avait la sensation, d’ailleurs confirmée par la suite, qu’ils l’envoyaient chez la tante, non, comme ils le prétendaient, pour le bon air pur de la campagne, mais pour être tranquille pendant les grandes vacances.

 

Il n’avait pas laissé tout le monde indifférent, dans le bourg, le petit parigot ! – Demandez donc à la Louise. Elle vous dirait autre chose ! – Elle se plaisait bien avec lui, même qu’à l’époque, cela avait faillit faire scandale. Tout le monde disait qu’ils couchaient ensemble. Il avait dix sept ans et elle quinze, ça faisait baver les garçons du bourg ! A tel point, que le parigot repartit chez lui, ils avaient mené la vie dure à la Louise. Ils ne lui adressaient plus la parole. Tous la boudaient, pourtant, c’était une belle fille. Sa famille non plus n’était pas appréciée ici – Ils ne sont pas du pays, ceux là –, disaient-on d’eux.

Quelques années plus tard, elle avait même dû partir à la ville pour trouver du travail. Ses parents suivirent le même chemin. Ils ne sont jamais revenus.

Aujourd’hui, alors qu’il venait à l’enterrement de sa tante, on le regardait d’un drôle d’air. Un peu comme si, il avait commis un crime et les femmes du bourg, en bonnes langues de vipères qu’elles étaient, le lui faisaient bien sentir.

Il avait réglé la cérémonie dans les moindres détails, froidement, lucidement, prenant les voisins de la tante pour ce qu’ils étaient. Il n’avait eu à leur intention aucun égard particulier.

 

Il était de retour après la cérémonie, dans la vieille maison. Il rechercha dans le bric à brac laissé par la vieille dame, les quelques petits souvenirs qui auraient pu lui rappeler ces moments de vie passée. Pensant en particulier à un petit cadre dans lequel, il se rappelait avoir mis une photo de « Louise », mais ne le trouva pas. Il reprit sa voiture pour rentrer chez lui, dans sa lointaine banlieue parisienne. Résigné il se disait : – je savais au fond de moi, que je ne le retrouverais plus jamais.

 

 

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