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Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois

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Bonbons amers

 Bonbons amers

 

            Elle était en train de se morfondre sur le trottoir de ce grand boulevard, seule dans la nuit à cet endroit. Le port tout proche, exhalait  comme d’habitude des relents nauséabonds d’huile usée et de poisson putréfié. En cette soirée d’automne, elle n’avait pas chaussé ses talons aiguilles, mais des bottes qui lui tenaient chaud au pied, çà compensait la minijupe de circonstance, lié à l’univers rauque, dans lequel elle était enferrée, depuis quelques années.

 

            Elle avait eu, une jeunesse dorée, ne fréquentant que des gens « comme il faut », qui venaient en toute occasion, faire salon chez ses parents. Ainsi, elle y jouait du piano, à la grande fierté de sa famille.                                                                                                                                                   Elle avait fini par exécrer toutes ses mondanités et ces gens. C’est ainsi qu’un beau jour, elle avait claquée la porte de la maison, s’offrant une période buissonnière. Sa vie, dès qu’elle eut quitté le carcan familial se résuma à faire des petits boulots, trouver un logement, ce qu’elle obtenu assez vite et pour parfaire le tableau, un amant, voir plusieurs. Elle pris goût à cette nouvelle vie très libertine, « il faut bien que le corps exulte disait-elle !» Ensuite, la débauche allant de soi, c’était devenu sa règle de vie.                                                                                                                                                  

             L’étape suivante fut la plus cocasse, le nouvel élu étant un homme de vingt cinq ans son aîné. Elle l’avait rencontré, contrairement à l’habitude, en allant acheter des bonbons.     

             Il était en effet confiseur ! Tout de suite, ils avaient tous les deux « accroché » Lui était un célibataire endurci, qui ne sortait jamais en dehors de son univers professionnel. Il était paralysé par une timidité maladive et avait toujours beaucoup souffert de cette solitude des sentiments. Il essayait ainsi de vaincre son embarras.                                                                      

 

Ainsi, il avait jeté son dévolu sur cette femme qui lui parut si avenante, et même très aguichante. C’était  la première fois, se disait-il, qu’une femme lui souriait de cette façon ! Il avait, chose rare, immédiatement engagé la conversation et obtenu de la rencontrer l’après-midi suivant, dans un salon de thé. Il en était venu au fil des rencontres, à la combler de cadeaux, il devançait même ses désirs ! Peu à peu, les rencontres furent plus fréquentes, et se terminaient immanquablement, dans la chambre d’un hôtel voisin. L’habitude prise, devint pour lui presque vitale, à tel point qu’il commença à délaisser son commerce. Il le confiait les après-midi de gaudriole, au bon soin d’une vendeuse, qu’il avait recruté à la va-vite. Lorsque celle-ci ne pouvait pas lui rendre ce service, il fermait purement et simplement la porte pour courir à son rendez-vous.                                                                                            

 

Il en fut tellement épris qu’il n’eut de cesse de lui proposer la vie commune, lui vantant qu’il avait une affaire en plein essor, les moyens qu’elle soit heureuse, mais elle ne le voulait pas, sans oser lui dire.             Il se disait confiseur de renom. Homme d’affaire avisé, mais vaniteux, persuadé des suites heureuses de sa brillante carrière, il avait l’aplomb du petit bourgeois de province, au ton tranchant à l’égard de ses concurrents.

            Dans le landerneau de la confiserie locale, il était plutôt mal considéré, méprisant ses rivaux, avec l’habitude qu’il avait  toujours eu, de vouloir les défier au plan professionnel. C’est vrai qu’il était bon confiseur, voir reconnu au-delà des limites de sa ville, mais quelquefois il allait quand même un peu trop loin, les critiquant même sur leur vie privée et les déviances que quelques-uns avaient eu dans le passé.

            Il n’en fallait pas tant, pour que les jalousies, ajoutées à la soif de vengeance fissent leurs œuvres ; ainsi, peu à peu circula un bruit selon lequel, un commerçant avait des fréquentations douteuses, amplifié par les commères du quartier.

Une de ses voisines proches entra, un matin, dans sa boutique et l’air de rien lui dit en gloussant :                                                                                                                                        on en apprend de bien bonnes ! Il paraîtrait qu’un commerçant de la ville, fréquenterait les prostituées ! Vous saviez ?...

             Il n’eut qu’un haussement d’épaule, et d’un air faussement dubitatif lança, pour répondre à ce qu’il estimait être des balivernes ; qui cela peut-il bien être ?

            La commère en fut pour ses frais, et quitta le magasin sans mots dire.

            Le lendemain matin, alors qu’il se rendait dans un magasin faire quelques courses, il fut agacé par des ricanements fait sur son passage. Les jours suivants, se rendant l’après-midi, à ses rendez-vous galants, il eut encore l’impression  que les gens, dans la rue, se moquaient de lui, tournant même la tête de  côté avec un sourire narquois.

            Cela devenait de plus en plus accablant, il ne pouvait se mouvoir en dehors de chez lui, sans que derrière lui quelqu’un ricane.

            Ces concurrents, rigolaient bien du pétrin dans lequel il s’était mis. Certains même, se disaient, « que peut-être on pourrait le déboulonner du piédestal sur lequel il était depuis tant d’années. » Ainsi, certains n’hésitaient plus à venir le narguer en  sifflotant au passage, devant sa boutique. Tout ce qui pouvait le desservir, au point d’en devenir crapuleux, paraissait bon à ses ennemis pour l’enfoncer un peu plus. Ainsi, il n’eut plus goût à sortir la journée, retrouver celle qu’il aimait, de peur des moqueries.

            Désespéré par cette solitude forcée, il se résolu un soir à laisser son travail pour aller noyer son chagrin, dans je ne sais quel liquide sirupeux.

            C’est alors, que se dirigeant vers le port, il aperçut sur le boulevard, la jeune femme de sa connaissance, se pencher  à la vitre d’une voiture, qui venait de ralentir à sa hauteur…

 

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