Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois
Une histoire un peu triste, c'est vrai, mais ce n'est pas "les misérables" non plus !
En ce matin de décembre, le froid était vif et le soleil plutôt timide avait du mal à réchauffer l’atmosphère, tout juste arrivait-il à estomper la tristesse du moment.
Les employés des pompes funèbres venaient de descendre le cercueil dans le caveau. Les quelques voisins présents avaient relevé leur col de manteau et enfourné leurs mains au plus profond de leurs poches. Ils n’allaient pas devoir attendre longtemps avant de les ressortir. La famille avait souhaité que l’on jette, simplement, quelques pétales de rose sur le cercueil. Vint le tour du petit Jean. Il avait bien observé de quelle manière les grandes personnes avaient fait. « Il se demanda la signification de ce rituel ?» Il plongea la main dans le récipient, prit une poignée de pétales et les jeta avec hésitations sur le cercueil.
Les personnes présentes s’éloignèrent. Il ne resta avec lui, que sa tante Roselyne. Jean, n’arrivait pas à détacher son regard du cercueil recouvert çà et là de pétales. Il ne put s’empêcher non plus de se remémorer les images de sa mère. Elle était tout, pour lui. Il avait pourtant tenté par tous les moyens de la protéger, comme un petit homme, malgré ses huit ans.
Sa tante, se pencha sur lui, l’embrassa tendrement en lui chuchotant à l’oreille, qu’il fallait maintenant la laisser reposer. A ces mots, son chagrin décupla et ses yeux s’inondèrent de larmes. Jean prenait conscience qu’ils ne seraient plus ensemble. Il ne la reverrait plus jamais. Ils quittèrent tous les deux le petit cimetière, les officiants terminaient leur besogne.
Rentré chez sa tante, il eut bien du mal à chasser ses idées noires. Il avait l’habitude de venir chez elle, surtout, lors des absences répétées de sa mère. Il était accueilli ici, à bras ouverts. Sa tante compensait, probablement ainsi, un désir de maternité non assouvi. Aujourd’hui, était pour lui un nouveau jour. Il savait que plus rien ne serait comme avant. Il choisit de s’isoler…
Allongé sur son lit, il se remémora le visage de sa mère. Il l’a revit lorsqu’ils firent cette balade dans les bois. Elle avait le sourire. Et puis l’autre jour… de la semaine dernière, quand ils allèrent dans les magasins. Elle voulait lui acheter un blouson, le même que celui de son meilleur copain. Il lui avait dit un jour, qu’il aurait bien voulu avoir le même. Il savait qu’elle n’avait pas beaucoup d’argent et il lui avait même dit qu’il ne fallait pas ; Qu’il pouvait conserver l’ancien. Elle devait garder son argent pour d’autres dépenses, plus utiles ! Pourtant, certains soirs, il la revoyait plonger la main dans un pot, à côté des livres sur la bibliothèque et en retirer des billets. Après dîner, elle venait lui dire bonsoir, ensuite, elle s’éclipsait furtivement, refermant avec précaution la porte de sa chambre. Plusieurs minutes s’écoulaient, et, il entendait la porte de l’appartement se loqueter et la clé tourner dans la serrure. Il ne disait rien. Mais il avait remarqué que sa mère sortait en ville et rentrait un peu plus tard. Ces soirs là, il avait toujours du mal à s’endormir. Il ne trouvait le sommeil, qu’au moment de son retour, lorsque la porte se refermait.
Un soir, entrouvrant la porte de sa chambre, il l’avait vu rentrer. Elle serrait fermement quelque chose dans sa main gauche. C’était tout ce qu’il avait pu apercevoir. Ces lendemains là, au matin, il était obligé de préparer seul ses affaires, pour aller en classe. Elle n’apparaissait qu’au moment de son départ, la mine blafarde, les yeux exorbités. Elle avait la démarche hésitante et le regard dans le vague. A sa vue, il restait le plus souvent pétrifié. Au lieu de se jeter à son cou et l’embrasser, il sortait de l’appartement en claquant la porte et courait vers l’école.
Un soir, elle lui dit bonsoir, puis comme d’habitude, elle sortit. Il ne chercha pas à la guetter. Il savait qu’elle était parti dépenser ce qui lui restait d’argent. Lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir, il fut quand même rassuré. Il craignait tellement, qu’un soir elle ne rentre pas. Le lendemain matin, au moment de partir à l’école, il s’attendait à la voir apparaître… Elle ne se leva pas. Il eut cette pensée : « que c’était peut-être mieux ainsi, tellement elle avait trop mauvaise mine le matin. Il valait mieux qu’il ne la vit pas ». Il sortit pour aller en classe.
Le soir, chose inhabituelle, sa tante l’attendait à la sortie de l’école. Il comprit tout de suite, en la voyant, qu’un accident grave avait eu lieu.