Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois
Sept heures du matin, dehors le ciel est gris, il tombe des hallebardes. Attablé devant un petit déjeuner Freddo est mal réveillé et comme tous les matins il a du mal à refaire surface. Il attend que le grille-pain ait fait son œuvre et qu’il puisse enfin beurrer ses tartines. Un merci timide, dit comme d’habitude entre ses dents est adressé au patron qui vient de le servir. En retournant vers le bar, il lui branche le juke-box pour mettre un peu d’ambiance.
Quelques secondes plus tard un rythme saccadé sort des baffes. L’œil de Freddo s’éclaire, l’oreille est à l’affût, maintenant les cœurs à l’unisson le mettent sur la voie ou plutôt sur la vague ! Il est sur la mer !... et s’imagine être un de ses marins au long court… capitaine glorieux de caravelles ou autre nef, comme la Santa-Maria !…
Il n’a pourtant jamais mis les pieds sur un bateau, mais son imagination remplace aisément son ignorance. Il se voit bien faire le tour de son bateau, de fond en comble. Vérifier que le quintelage est bien équilibré et les vivres bien rangés. Il s’imagine ensuite remonter sur le pont, pour faire les manœuvres de voiles. Il ira ensuite se réconforter, en s’abreuvant du bon vin d’Espagne qu’il a embarqué à bord, dans ses dames-jeannes.
Il finit d’ingurgiter son petit déjeuner en rêvassant, tellement lentement, que le café est maintenant froid, mais peu importe, il est sur les flots en vue d’une côte imaginaire ! Il est Christophe Colomb, Cortès et Pizarro à la fois, suivi de son équipage, arpentant l’adret de la côte, par un beau soleil austral. Lorsque le morceau atteint son apothéose, que les cœurs donnent toutes leurs forces ; c’est pour lui, les hochets de la gloire, il s’attendrait presque à voir quelques paparazzis en mal de clichés pour attester de sa célébrité. L’invraisemblance ne le surprend même pas. Il est transporté !
La musique s’est estompée et a laissé la place au silence. Le patron n’a pas remis d’autres morceaux. Peu importe, cela n’aurait eu que peu de chance de lui plaire. Freddo s’apprête à quitter les lieux pour aller au travail. Froid ou chaud, le café ne lui a pas fait l’effet escompté. La blancheur marmoréenne des tables de marbre blanc le surprend et lui fait plisser les paupières !
Va t’il lui falloir un décodeur, pour affronter la dure réalité des calculs de taux d’inflation ? Néanmoins il sort, dehors le ciel est toujours aussi gris et il pleut autant que tout à l’heure.