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Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois

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La belle et le clochard

          

            La Belle et le Clochard.

 

            Depuis qu’il avait croisé son regard, notre clochard s’était trouvé bien mieux, comme ragaillardit  avec la vie. Gêné à sa vue, la majorité des passants se décalait subrepticement vers la bordure du trottoir quitte à marcher sur le bitume. À l’inverse elle ne s’était pas écartée. Elle lui avait au contraire lancé un billet, agrémenté d’un regard plein de tendresse, lui laissant à penser que peut-être elle aussi avait connu pareille panade. L’émotion provoquée par son regard l’avait tétanisé au point qu’il n’avait pas eu le temps de la remercier. Elle avait disparu parmi la foule, ensuite, il n’avait même pas eu comme réaction, de courir la rejoindre.

 

            Le soir venu, notre clochard après avoir compté les pièces et billets glanés durant la journée, rejoignit son havre de fortune ; le dessous d’un pont de la ville.

Sa nuit fût agitée, non par l’alcool absorbé au soir avec ses compères habituels, mais bien de par sa rencontre fortuite. Il était resté seul, rêvassant, essayant de se remémorer le visage de la belle que le hasard avait mis sur sa route.

Dans ses rêves, il la voyait brune, ou non châtain, enfin il ne s’en souvenait plus très bien. Une robe bleue, ses yeux aussi étaient bleus, çà il en était sûr, bleu, comme les siens. « Sa mère lui disait tout le temps qu’il avait des yeux bleus comme un matin de printemps ! » Çà il s’en rappelle aussi. Il se voyait briser de ses mains les chaînes du malheur, ne plus être à la rue, aimer sa belle. Il pourrait partir faire de longues balades champêtres, s’arrêter au bord du ruisseau de son enfance, et, adossés à quelque hêtre poussant là, faire des pique-niques  sous un ciel couleur bleu azur. Il remplirait ainsi le désert de sa vie, de moments de complicité avec sa dulcinée

 

            Au matin, l’aube tout juste levée, il ouvrit péniblement les yeux sur la nudité du lieu, un quai vide, personne alentour. Il se leva alla au bord de l’eau prendre dans le creux de sa main un peu d’eau trouble et se frotter le visage, mouilla ses cheveux avec soins, tenta avec un peigne crasseux de se refaire une coiffure. Sa chemise ajustée, il prit ensuite un chiffon dans son sac, pour dépoussiérer comme il put ses chaussures ; enfin il apparut comme il n’avait pas été depuis longtemps. Il prit ensuite le chemin de tous les jours. Jamais, il ne l’avait pris avec autant d’entrain que ce matin là, aussi désireux de remercier la belle, que de la revoir et croiser son regard bleu azur, se redonner ainsi du courage.

 

            Toute la matinée, il resta sans recevoir la moindre pièce fut-elle petite, rien ! Les gens le regardaient un peu plus, crut-il remarquer, mais aucun geste ne vint. Les gens ne faisaient même pas semblant de chercher dans quelques poches une pièce, comme il arrive souvent. Non rien ! Il ne lui resta plus qu’un espoir, sa belle. Elle doit travailler dans le secteur et à la même heure elle va bien repasser, se dit-il ! Rien. Ce soir là, il ne la vit pas et repartit aussi abattu qu’il avait été dynamisé la veille, par sa rencontre inattendue. Il en fut ainsi les jours suivants, à tel point qu’il en était revenu à ne plus prendre soin de lui.

Ses camarades de galère, tentèrent  de venir à son secours, lui permettre d’oublier dans l’alcool, ce qui le rendait encore plus malheureux qu’il n’avait jamais été. Il les rejeta prestement.

 

            La nuit venue, il essaya de se coucher derrière ses bouts de cartons qui lui servaient d’ultime refuge, mais le sommeil ne vint pas. Peut-être était-ce dû à la pleine lune qui se reflétait sur la rivière la rendant ainsi argentée. Il se remémorait ces quelques moments de bonheur pour ce simple regard et s’en voulait  pour cela d’avoir gamberger, s’être mentit à lui-même. Il s’était rouvert une blessure, qui n’était probablement toujours pas refermée. Que s’était-il imaginé ? Pour lui les règles du jeu étaient pipées, l’horizon était bouché. Il ne se pardonnait pas sa faiblesse, sa naïveté. « On rêve aux roses, on oublie ses épines »

 

            Il se leva et marchât le long de la rivière, le regard sur ses chaussures. Il fit ainsi des aller et retours incessants, tentant de calmer ses angoisses, c’est à ce moment que relevant la tête, il vit une personne enjamber le pont, une femme lui semblât-il. Puis, il entendit venant de la rue voisine, une voix crier dans la nuit : « Non ! Non ! Pas çà ! »

 

            Il courut aussi vite qu’il le put, faisant fi comme d’habitude de toute sagesse, se jeta à l’eau sans prendre le temps de quitter ses vêtements…

Sur le quai, il l’allongea sur ses cartons où elle se remit doucement de ses émotions.

Il l’observait avec attention, l’eau ayant imbibé le tissu, sa robe bleue était collée à son corps laissant deviner ses formes. Dès qu’elle ouvrit les yeux, il crut voir dans leur bleu se refléter la lune.

 

 

 

 

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C
Quelle jolie nouvelle , j'aime ces deux regards qui se croisent , qui se reconnaissent et aussi la fin du récit très ouverte qui laisse imaginer tous les possibles et notamment le meilleur pour ces deux là !<br /> <br /> amicalement <br /> chrystelyne