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  • : desgoutsetdescouleurs
  • : Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 11:18
Je viens d'arriver, moi, petit gratte papier, pour le première fois à cette fête des écrivains. Le cadre est champêtre. Le soleil brille. Les gens sont en tenues légères. Ils sont souriants, c'est le dernier jour des vacances d'été. C'est très agréable, je ne peux qu'être ravi ! Depuis le temps que famille et amis me serinent sur tous les tons que c'est l'occasion ou jamais de me faire connaître et d'affirmer aux yeux du public ma persévérance dans ce chemin douloureux qu'est l'écriture, il fallait bien que je m'excécute ! Après tout ils ont certainement raison. Je dois essayer de promouvoir ma production, si tant est que le terme soit approprié. J'ai donc dû à défaut d'apprivoiser les lecteurs potentiels, me faire violence et faire sauter tous les tabous et peurs qu'un homme aussi introverti que moi peut avoir à s'exprimer devant un public d'inconnus.
Les organisateurs soucieux de la réussite de leur manifestation m'ont d'autorité placé dans les premiers, tout près de l'entrée. C'est, je suppose pour eux, l'assurance que les visiteurs aillent jusqu'au fond du parc pour apercevoir les écrivains de renom ! Une vulgaire planche de contre-plaqué soutenue par deux traiteaux brinquebalants, tellement le niveau du sol est aléatoire, me sert à la fois d'étal et de bureau pour d'éventuelles signatures d'autographes. J'ai acquis pour l'occasion un peu plus de livres auprès de mon imprimeur favori, mais faute de moyens, le stock est limité. Comme à mon habitude je me suis muni d'un petit bloc de papier quadrillé et d'un stylo. J'en ai même deux, non pas que j'eusse à aucun moment pensé user ne serait-ce qu'un seul à signer des autographes ! L'important pour moi est de pouvoir griffonner quelques idées, si toutefois, en cette occasion une de celle-ci pouvait me venir à l'esprit.
Le monde peu à peu arrive, c'est presque la foule, de quoi pour un débutant comme moi nourrir quelque espoir ! Je n'ai pas un nom connu, il est même très commun !
Quelques uns de mes voisins sont à pareille fête, et, les organisateurs bons diables voyant notre désarroi viennent de temps en temps nous abreuver de café et autres boissons sucrées.
Les gens passent devant les tables. Ils ont le regard souriant, jetant un oeil distrait sur mon livre, ils sont plutôt attirés par l'écriteau qui, dans mon dos fixé par une épingle à linge à une ficelle, indique le nom des auteurs présents. Je sens bien à leurs regards fuyants que ce n'est pas moi qu'ils sont venus voir. Ils sont probablement à la recherche d'un visage connu au travers d'une émission télé et qu'ils peuvent en ce jour béni les voir de visu, là, à quelques mètres ou centimètres. Devant ces écritures reconnues et célèbres, je fais évidemment pâle figure. Qu'ont-ils donc de plus que moi ? Ils doivent s'imaginer que ce sont des extra-terrestres, pourtant eussè-je dû avoir envie d'aller soulager un besoin naturel, je n'en ai pas la possibilité, eux ont un attaché de presse pour les remplacer à leur tâche, c'est bien là, la seule différence. Non, ils cherchent un nom, un visage connu. Je ne le suis pas, alors ils passent leur chemin, scrutant la foule d'un regard circulaire. L'appareil photo en main prêt à faire feu, s'ensuit inévitablement au bout de quelques minutes, une exclamation : "çà y est, je l'ai eu !".
Le temps fut à la fois long et court pour moi. Je me prends à regretter de n'avoir pas été invité à faire débat sur mon ouvrage et n'avoir ainsi pu défendre mes thèses, mais si j'en avais eu la possibilité, aurais-je seulement osé ?
Dés le début, je me doutais bien que ce genre de manifestation ne m'apporterait pas grand-chose, si ce n'est la désillusion, de quoi brider l'imagination de plus d'un écrivain et pourtant ce n'est pas même un vulgaire crachin qui m'empêcherait d'écrire quelques tendres mélopées.
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 09:12
Mes débuts dans la customisation. Pour la première fois je m'attaque a cet exercice difficile, sachant que la fente  est la chose la plus perilleuse à réaliser.
Ce couteau est réalisé dans du buis et m'a permis de réaliser ( pas très visible sur la photo peut-être, une main tenant une boule de pétanque.

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 08:35
Voilà un exemple de mes sculptures, fait avec gouges, couteaux divers. Un jeu de patiente d'évoluer dans le travail sans risquer de se tromper dans l'enchevêtrement des boucles.
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 16:34

 

 

 

            Elle vient de sortir de sa cellule, bien hésitante, la démarche encore mal assurée, mais elle veut quand même prendre l’air, çà la changera de son univers surchauffé.

Elle se dirige vers la porte de sortie, qui à vrai dire l’amène sur une sorte de promontoire avec vue panoramique sur la campagne alentour. Elle s’avance jusqu’au bord extrême du balcon, elle a ainsi une vue plongeante qui lui donnerait presque l’impression de dominer le monde, et, aussi la sensation inverse d’être une toute petite chose, face aux arbres gigantesques de la forêt avoisinante.

            C’est le printemps dans toute sa splendeur. Un ciel bleu agrémenté çà et là de petits nuages blancs joliment pommelés, si peu nombreux qu’ils permettent au soleil de darder de ses rayons ce petit matin et ainsi réchauffer l’atmosphère.

            Pour sa première sortie, elle choisit de ne pas trop prolonger et rentre sagement à l’intérieur. Elle a du travail, malgré sa faiblesse bien compréhensible. Il a été décidé d’agrandir la demeure afin de loger de nouvelles consoeurs. Elle ne comprend pas bien, pourquoi, il faut toujours construire de nouveaux logements, alors que, certains soirs, certaines de ses collègues plus âgées ne rentrent pas, et laissent ainsi un logement vacant. Ma foi, se dit-elle, ce n’est pas à moi de décider !   « La hiérarchie » de la maison doit bien  savoir ce qui doit être fait !

            Elle a aussi trouvé bizarre que de temps à autre on lui dise d’aller voir ailleurs dans d’autres étages et quand elle a enfin, le droit de revenir sur les lieux, les logements sont occupés et murés.

            Notre résidente pourtant très travailleuse ne comprend pas cette façon dont « sa hiérarchie » a de se servir d’elle sans lui demander son avis ! Oh ! bien sûr, il lui a été intimé l’ordre de donner à manger aux nouveaux locataires, ce qui lui permet au passage de prélever sa dîme. Elle a par le fait accepté cette tâche avec obéissance.

 

            Depuis sa première sortie, il s’était écoulé une vingtaine de jours et elle n’avait pas remis le nez dehors travaillant sans relâche dans une ambiance surchauffée et bruyante.

Lorsqu’elle reçut sa première promotion, elle eut quand même un peu le trac. Il s’agissait pour elle d’aller courir la campagne avec ses congénères. Elle, comme beaucoup d’autres n’ont jamais fait cela et elle fut bien ennuyée ! Elle essaya néanmoins de relativiser ; après tout,  aménager des logements, elle n’avait pas fait cela non plus avant et puis elle y était bien parvenue, ses gestes étaient presque automatiques, presque instinctifs, personne ne lui avait montré comment faire et c’était venu tout seul, alors….

            C’est donc avec un mélange de résignation qu’elle aborda le grand précipice au delà du promontoire. Elle attendit sur le bord, lâchement, qu’une autre commence avant elle, pour voir, et puis tout d’un coup, poussée par un flot incessant de travailleuses aguerries, le vide se trouva sous elle. Elle essaya bien de se rattraper, mais il n’y avait rien que le vide. Elle se débâtie de ses ailes toutes neuves et c’est ainsi que notre abeille trouva enfin le bonheur de la vie au grand air.

 

 

 

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