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  • : desgoutsetdescouleurs
  • : Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois
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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 17:59

Une nuit sans lune

 

 

La campagne environnante était happée par la nuit noire et cela n’arrangea pas mes affaires, je ne disposai en dehors d’un briquet d’aucun éclairage. Si seulement, je n’étais pas allé me fourvoyer dans cette forêt ! Et tout cela, pour prendre un raccourci !                         

La connivence entre ma panne de voiture et la perte de repère géographique, coalisait contre moi toutes les énergies. Petit à petit, ma vue s’habitua pourtant à l’obscurité. J’essayais ainsi de deviner les obstacles du chemin. Essayer, était d’ailleurs le terme adéquat, car en plein jour ma vue n’était déjà pas bonne, alors la nuit…  

                                                                                                                                                     

Je marchai pendant un long moment sans que rien ne se passe, juste quelques bruits furtifs d’animaux dans les broussailles. Je fus tellement fâché de la déconvenue, que je ne cherchai même pas à repérer les odeurs, qui devaient pourtant être présentes dans ces sous bois. J’arrivai ensuite à un embranchement de deux chemins, qui me jetèrent dans l’expectative. L’hypothétique bonne direction était-elle à gauche ou à droite ? La décision, dans ces circonstances, amenait assurément à un résultat aussi imbuvable qu’hasardeux ! Je m’arrogeai le droit du hasard : la droite !   

 

Quelques minutes après avoir obliqué dans cette direction, j’aperçus deux points lumineux, qui semblaient se déplacer perpendiculairement devant moi et un bruit… un bruit, qui ressemblait à s’y méprendre au feulement d’un fauve ! Bien sûr, trouver dans nos contrées, aux tréfonds d’une forêt française, fusse-t-elle éloignée de toute habitation, un tel animal, relevait de la pure utopie ! Ce devait être un chat en quête de gibier, qui passant par là, s’effraya de me voir ! Je fus pourtant intimement  persuadé que, s’il s’agissait d’un chat, même sauvage, ce n’était pas ma présence ici qui pouvait l’avoir apeuré à ce point, mais quelque chose de bien plus intrigant… Les deux points lumineux disparurent et je continuai à marcher…                           

Je me rendis compte, au bout d’un moment, que mon choix directionnel n’avait pas été le bon ! J’arrivai dans une espèce de cul de sac. Je trébuchai sur des gravats et chutai lourdement au sol. Grimaçant de douleur, je me relevai. Mes genoux étaient maintenant endoloris. Les ronces s’étaient accrochées à mes vêtements et en tirant dessus pour m’en défaire, le tissu s’était déchiré laissant mon vêtement en lambeaux. J’étais désormais loqueteux et écorché de partout. lorsque que je fus prêt à repartir, j’aperçus devant moi, gisant au sol, différents objets indéterminés. Je m’approchai…

Il y avait là, jonchant le sol, outre les restants d’un vieux feu de camp : un livre écorné. J’allumai mon briquet pour mieux voir. Il avait pour titre « l’œil du sorcier » Je l’ouvris. Il comportait une dédicace énigmatique suivie d’un gribouillis et d’une signature illisible. Il y avait aussi, une vieille poupée toute dépenaillée. Les cavités orbitales étaient vides. La chevelure toute ébouriffée, semblait avoir été confectionnée avec une touffe de chanvre. Un vulgaire bout de chiffon tenait lieu de robe. Mais ce qui m’intrigua le plus, fut qu’elle était criblée d’épingles en acier, de la tête au pied…

 

J’en fus tout retourné, subjugué même et je quittai les lieux en m’orientant vers la droite, une fois de plus. Je risquai juste de tourner en rond, me suis-je dis ! Peu importait, je n’eus qu’une hâte : fuir.

 

Un frisson me descendit le long du dos. Le froid commençait à me saisir. Tout en accélérant le pas, je me posai de plus en plus de questions sur la direction prise et l’issue du chemin ! 

 

Ma question silencieuse trouva une réponse imprévue ! Le chemin après avoir suivi une courbe brusque s’arrêtait devant une clôture grillagée ! Un portail coulissant interdisait l’entrée d’une propriété, qui semblait être celle d’un garde forestier.

 

Je décidai d’attendre, ici, le jour se lever. Assis sur le sol herbeux, entre une touffe de broussailles et la clôture, je patientais.

Il ne s’était pas passé une heure, lorsque j’aperçu dans l’allée empruntée tout à l’heure, un faisceau lumineux inquisiteur, balayer en tout sens l’obscurité…                                             

L’homme était coiffé d’une casquette. Il me fit penser au garde forestier. Il tenait à la main la poupée que j’avais vue toute à l’heure…

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 08:53

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 12:59

Bonbonnière en If, merveilleux bois aux couleurs chaleureuses. 

cet objet est à vendre au prix de 10 euros.

 

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 12:53

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Voilà un nouveau tourné dans le fût d'un If plus que centenaire. Je ne l'ai pas pesé, mais il pèse son poids !

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 10:12

03102010 074 une des positions du KAMASUTRA imaginée en couteau OPINEL . "L'UNION SUSPENDUE" le manche est entièrement en buis. Taille du couteau N° 8

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 11:21

C'est le premier poème que j'écris. Jusqu'à maintenant je me cantonnai qu'aux nouvelles. J'inaugure !

 

 

Naufragés

 

Ils avaient quitté le port, sereins

La mer agitée par une faible houle

Les vents alizés en un même souffle

Poussaient le trois-mâts plutôt bien

 

Tous faisaient grand travail

Guettant avec rigueur l’écueil

Mais, le phare et son œil

Était là, guidant depuis un bail

 

Les marins plutôt soucieux

Guettaient le récif émergeant

Agrippé au gouvernail, changeant

De quart, souvent les anxieux

 

Trop tard, ils aperçurent effrayé

Une péninsule, pas sûr

Des lichens couvrant des rochers comme tonsure

Et l’étrave percutant explosait, disloquée

 

 

 

 

 

 

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 15:40
Cette nouvelle qui était sur le blog a été amélioré, je vous la livre à nouveau.


L’autre

 

 

 

Il est 18h30. Mon train vient d’entrer en gare de Tours.

Tous les soirs la même chose ! Tous les soirs, ces bruits de ferraille et tout ce monde, tous ces cris, toutes ces mauvaises odeurs !

Je me hâte comme si j’étais à la course ! Réminiscence de la vie parisienne, je suppose ! Je suis pris par le rythme général et comme tout le monde court toute la journée, j’en fais autant. Pourquoi ?

Je sors de la gare presque propulsé malgré moi, poussé par les autres. Arrivé sur le parvis, je ralentis comme le ferait un coureur de cent mètres, la ligne passée !

Je ne sais plus où j’en suis… mais, je sais où je vais aller pour essayer de reprendre mes esprits, me vider la tête avant de rentrer chez moi, me bouffer comme d’habitude de la soupe à la grimace.

Le bar est à deux pas de la gare, rue de Bordeaux. Je préfèrerais aller dans un autre, mais le suivant n’est pas sur mon chemin, et puis ici, le barman me connais bien…

Dès qu’il me vois pousser la porte, il fait couler mon demi habituel. Il est bien sympathique, le barman !

Il n’est pas comme l’autre là, présent tous les soirs, à la même place, assis sur son tabouret et avachi sur le zinc. On dirait qu’il dort, les yeux grands ouverts !

Il a un air bizarre, fouineur, suspicieux. Il a l’œil mauvais, je le sens. Il m’observe même lorsque j’ai le dos tourné, J’en suis certain! Il ne m’a jamais adressé la parole, je ne connais pas le son de sa voix. On dirait qu’il veut me chercher des noises. Il n’a pas l’air sympathique, voilà tout !

En plus il est nippé, faut voir comme !  Pantalon et veste en cuir, chemise blanche, nœud papillon rouge. Il ne doit pas travailler avec cette tenue ! Il dénote dans le paysage. Si je le fixais droit dans les yeux, je me demande bien comment il réagirait ?

 

Le barman a vu que ce soir j’avais soif, les habitudes sont une seconde nature chez cet homme là. Il a l’intuition ! Lorsque j’ai encore soif,  au lieu de rester debout, je prends le tabouret qu’à mon arrivée j’avais rejeté sur le côté et je fais comme l’autre là, à côté, je m’assieds. À ce moment là, le barman me remet un autre demi !

L’autre à côté, a dû faire un signe au barman ! Où as-t-il lui aussi ses habitudes ? Pourtant il n’a pas bougé, je n’ai rien vu ! Il lui a resservit un whisky. Je n’ai toujours pas entendu le son de sa voix, mais quand le verre est arrivé devant son nez, il a semblé sortir de sa torpeur et l’a saisi pour le porter à ses lèvres.

Après ce deuxième demi, je me suis tout de suite senti mieux ! Il me fallait bien ça pour refaire surface après cette journée, ce bruit et ces mauvaises odeurs. Pour repartir du bon pied, je lui demanderai bien, de m’en remette un, avec de la vodka. Je n’ai encore jamais bu ce breuvage, mais l’autre jour, un client en a commandé un devant moi et  l’a bu d’une traite en s’esclaffant : Ah ! Grand dieu que ça ravigote !

Il ne s’est pas fait prier pour me le servir. Je crois même qu’il a fait comme on dit « un geste commercial » en mettant une dose supérieure. Si ça ne me ravigote pas !

Le barman a regardé sa montre. C’est là que j’ai réalisé qu’il devait se faire tard et qu’il était temps de rentrer.

                                                                                                                                                         Il était vingt heures trente, lorsque je suis sorti du bar des sports, la nuit était tombée depuis un petit moment. Un vent frisquet rafraîchissait l’atmosphère, l’automne était bien là.

À cette heure, peu de véhicules circulaient et la rue était étonnamment silencieuse. Seuls, des bruits de pas : les miens avec les fers des chaussures, résonnaient sur le pavé. Néanmoins, je me rendis compte qu’insidieusement d’autres pas s’étaient joints aux miens et frappaient le sol de pareille manière, un peu décalé certes, mais néanmoins imposait une cadence emprunte à la longue, d’un certain mimétisme inconscient. Je me disais bien qu’il m’espionnait. Il m’a pris en filature, pourtant avec tout ce qu’il a bu, il ne devrait pas marcher bien droit !

Cela faisait bien dix minutes que je marchais et le rythme était constant. J’en fus intrigué quand même. J’étais suivi ! Mais, pourquoi me suivait-on ? Qui pouvait bien agir de la sorte et pourquoi ? J’étais de plus en plus subjugué ! Qu’ai-je donc fait ? « Ce n’est quand même pas ma femme qui me fait suivre, notre couple tangue pas mal en ce moment et le divorce n’est pas loin, mais quand même ! Qu’aurait-elle à me reprocher ? »

Je me décidais enfin à me retourner au gré d’un changement de rue. Il me suivait toujours ! Je tentais de le dévisager. C’était un homme de taille moyenne et pour le peu que j’en vis, ses habits étaient noirs. Lorsqu’il vit que je tentais de l’observer, il se retrancha dans une encoignure de porte. Il était toujours à une dizaine de mètres derrière moi. Mon pas avait toujours son écho, une petite seconde après. Intriguant ! Que me voulait-il donc ? Il me restait encore pas mal de chemin pour arriver chez moi. C’était interminable ! J’avais espéré, en prenant la rue Charles Gilles, rencontrer du monde et pouvoir ainsi me dérober à ce qui avait tout l’air d’une filature, mais rien, ni personne dans les rues à cette heure, que moi et l’autre. Je devais donc, contre toute attente, poursuivre mon chemin, je verrais bien après ; pour le moment, je me contentais de jeter un œil sur le côté pour apercevoir l’autre dans le reflet des vitrines encore éclairées.  L’autre marchait, imperturbable tel un métronome. Je n’osais ralentir, comme par peur que l’on se rencontre. D’ailleurs, que lui aurais-je dis ? Nonobstant cela, la situation était de plus en plus intolérable pour moi. Je n’osais même plus rectifier mon rythme de marche de peur de ne plus reconnaître le bruit de ses pas, des miens… ses pas, les miens…Je me sentais obligé de continuer à la même allure ! Mes mains recroquevillées dans mes poches formaient deux ridicules boursouflures sur mes jambes de pantalon, mais je continuais néanmoins de serrer les poings avec l’envie de frapper et aussi de m’arrêter, me retourner, de lui crier de cesser son manège, de suivre un autre chemin, et me laisser tranquille ! Sinon ?… et pour finir, envoyer par dépit un crachat sur le pavé !

Maintenant il n’y avait plus de vitrines, que des entrés d’immeubles offrant une béance ténébreuse, là, le bruit ne résonnait plus aussi fort. Il était très atténué. Je croyais même à un moment ne plus l’entendre. J’approchais maintenant de chez moi. Plus aucun bruit, à peine croyable ! Pour m’assurer que l’autre n’était plus là, je me décidais à m’arrêter. Je me déchaussais pour arrêter ce satané bruit de fer sur le pavé. Je tendis l’oreille. Rien, plus aucun bruit ! Une solide migraine par contre s’installait dans mon crâne, me donnant à nouveau l’impression de toujours entendre les bruits de pas de l’autre. J’avais même l’impression de réentendre les miens ! Me retournant, je ne voyais pourtant personne. Il n’y avait que moi et j’étais là, nu pied sur le pavé froid et humide. Mes chaussures dans une main et dans l’autre, ma clef que je tentais d’introduire dans la serrure. J’essayai de la tourner, mais ça ne fonctionnait pas. Énervé, je la ressortais et tapais énergiquement du poing sur la porte. Au bout d’un petit moment, j’entendis des pas. On venait m’ouvrir. La dame semblait de fort mauvaise humeur !

 

Vous êtes encore ivre comme tous les soirs ! C’est la porte d’à côté, vous savez plus reconnaître votre droite de votre gauche ! À toutes les fois c’est pareil !...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 09:17

 

Demain, 19 février 2049, eh oui, déjà ! Je fêterai mes 100 piges ! Je ne pensais pas arriver jusque là ! Pour y parvenir, j’avais quand même fait de gros efforts… La retraite prise le plus tôt possible ! À l’époque, notre élite cravatée nous clamait haut et fort qu’à l’avenir, nous devrions travailler plus longtemps. Que…la durée de vie était plus grande ! Que…les caisses finiraient par être vides ! Une chanson disait : travailler, c’est la santé, rien faire c’est la conserver… Alors, allez vous y retrouver ! J’avais donc choisis de ne rien faire ou tout au moins d’en faire le moins possible !

 

Je n’avais en revanche, jamais imaginé finir en maison de retraite. J’imaginais plutôt, rester chez moi ! C’était compter sans mes chers petits, qui avaient d’autres vues et moi, bêtement, j’ai laissé faire ! Ils m’avaient pourtant dit que je n’irai qu’en dernier ressort ! Le ressort a dû casser…

Ils se sont débarrassés du vieux, voilà tout ! Arguant, que je serai beaucoup mieux en maison de retraite, qu’on s’occupera de moi, que je serai comme un coq en pâte…que, que, que je trouverai bien des copains…Tu parles ! Des copains à mon âge !

 

À la maison de retraite, nous sommes une quinzaine à avoir ce grand âge. À en croire ce qui se dit : nous serions presque majoritaire dans l’établissement. Si dans notre groupe de centenaires, certains ne sont plus trop fringants, d’autres sont en bien meilleur état que certains jeunots logeant ici !                                                                                                                                              

Nous avons même une salle qui nous est réservée ! Ce n’est pas notre grand âge, qui nous fait bénéficier de pareille faveur, mais parce que nous sommes, parait-il, trop bruyants ! On nous a relégué dans une grande pièce où nous restons toute la journée.  On a la télé et tout et tout…Moi je crois surtout, les plus jeunes jaloux de nous voir plus vigoureux qu’eux. Ils ont dû réclamer à être séparés ! À nos questionnements, la direction a répondu : c’était mieux ainsi, comme cela, on leur casserait plus la tête avec notre musique rock et nos chansons des années 70.                                                                

 

Néanmoins, j’aurai mieux aimé être, avec des pensionnaires beaucoup plus jeunes, d’au moins vingt ans ! Ça m’aurait peut-être donné, pour une fois, l’occasion de jouer au vieux sage, à qui on vient raconter ses chagrins. Quand je dis cela, je pense en particulier, à la petite blonde qui gambade encore assez bien, là-bas. Estelle qu’elle s’appelle ! Elle est mignonne comme tout. Elle est tellement bien maquillée, bien habillée… qu’elle donne l’impression d’attendre de la visite. Elle passe ainsi, tous ses après-midi dans un fauteuil, devant les baies vitrées, guettant du regard les allées et venues dans le parc. Mais, jamais personne ne vient la voir. Ça me fait vraiment mal au cœur pour elle. Un peu de réconfort, lui aurait fait du bien ! Estelle a un regard tellement triste !                                                                                                                   

Je ne sais pas, si je suis « un coq en pâte », comme me l’avaient prédit mes enfants, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle n’est pas « une poule en pâte ! » N’empêche que, malgré le centimètre de fond de teint qu’elle a sur la figure et le beau rouge carmin qu’elle s’est mis sur les lèvres, j’aimerai bien flirter avec Estelle. C’est bien rare, si je n’en ramènerai pas un petit souvenir coloré sur les joues, de quoi rendre mes pseudo copains jaloux.

 

Nous formons un petit groupe de quatre, à être toujours ensemble. On se connaît depuis la communale, alors quand la direction l’a appris, elle n’a rien trouvé de mieux que de nous coller sur le même palier ! Quand nous étions jeunes, nous ne nous entendions guère. C’était toujours la bagarre ! Personne ne nous a demandé notre avis ! À nos âges, ont ne peut même plus cultiver nos vieilles rancunes !

 

Lorsque nous étions jeunes, c’est avec Jean Claude que je m’entendais le mieux. Je ne partageais pourtant pas ses goûts. Lui, était toujours en rébellion après quelque chose, et un peu voyou des bacs à sable ! Il faisait partie d’un petit orchestre rock. Moi, le rock c’était pas ma tasse de thé. Lui, c’était pas pareil, il avait même essayé d’y faire son beurre. Quoique, en fait de vrai rockeur, il grattait surtout la guitare en gesticulant et en gueulant dans un micro ! Aujourd’hui, il ne gratte plus la guitare, mais son ventre à travers la chemise qu’il a toute déboutonnée. Il s’est attrapé une intoxication alimentaire après avoir pioché allègrement dans les crottes en chocolat de toutes sortes, offertes par ses enfants à Noël. Comme il est gourmand et radin, il a préféré ne pas partager avec nous. Du coup, il a des boutons qui le démangent de partout ! De là à dire que c’est bien fait…

Lionel est un rêveur, nostalgique des années soixante. D’ailleurs… en ce moment, entre les émissions de télé et la musique, il se lance dans des diatribes sur la guerre d’Algérie qu’il n’a pas faite. Normal, les années lui ont moins bien réussies qu’à moi, surtout côté mental. Il est un peu perturbé. Il confond son service militaire, qu’il a fait planqué pas loin d’ici et la guerre faite par son père, comme militaire de carrière.

Bertrand, lui, est un ancien sportif. Il pratiquait la course à pied, quand il était jeune. Il a même conservé l’habitude de courir régulièrement jusqu’à quatre vingt ans environ. Je l’avais perdu de vue pendant de nombreuses années, rapport à son travail, qui l’avait conduit à déménager loin d’ici. Aujourd’hui, il ne court plus du tout. Depuis l’accident de l’autre jour, il ne peut se déplacer qu’avec son déambulateur. Ils lui en ont donné un, sans roulettes, craignant qu’il ne se lance encore dans une de ses équipées dont il a le secret ! C’est vrai, l’après-midi de l’accident, il avait eu, comme « une remontée de sève ». Il avait aperçu à la télé, la veille, que la dernière mode pour être efficace à la marche à pied, était de s’aider avec des bâtons de ski. Il avait imaginé une nouvelle technique, nous avait-il dit. Il a emprunté deux béquilles à un voisin et les mettant bien parallèles, il avait lancé ses deux jambes en avant et évidemment ce qui devait arriver, arriva… Il s’était retrouvé à plat ventre dans l’herbe. Quand les infirmières étaient venues le relever, non seulement il saignait du nez, mais sa tête ayant finie sur une taupinière, il avait le visage d’un déterré !

 

Pour le moment, je suis le premier de l’année à fêter mon centième anniversaire et j’espère bien, avoir une fête à la hauteur. Après tout, à nous seuls, les centenaires, nous faisons la renommée de la maison de retraite. On a beau nous clamer, que si nous en sommes là, c’est grâce à eux et à leurs bons traitements ; tu parles ! Nous passons même pour des ingrats,  quand nous réclamons des petits plus ! Et comme dirait Jean Claude, qui trouve là un motif supplémentaire de contestation : pour eux de toute façon, nous sommes là que pour remplir leur tiroir-caisse. Ils nous ponctionnent la totalité de notre retraite et encore il faudrait leur faire des courbettes !

Lionel quant à lui, est de plus en plus chancelant. Il tremble de plus en plus. Lorsqu’il pris son café tout à l’heure, il a tout renversé par terre avant de parvenir à l’amener à ses lèvres, de rage, doublée de maladresse, il en a jeté sa tasse à terre… il était vexé comme un pou… pour lui, le café est dans sa journée, aussi important que la prière journalière, à une grenouille de bénitier.

Bertrand, rêve toujours des roues qu’ils pourraient avoir à son déambulateur et que l’on se refuse à lui fournir ! Pourtant depuis l’autre jour, où, il a connu le mauvais goût qu’avait la terre fraîche, il a peur de mourir. il en rajoute même en prétendant à qui veut l’entendre, que ce jour là il a frôlé la mort…il a même dit à ses enfants, qu’il voulait être dans un caveau et non, à même la terre.

 

Ce matin, nous sommes sortis de nos chambres en même temps, comme les chevaux de leur stalle de départ à une course hippique… en moins rapide !

Nous en avons bien ri ! C’est vrai qu’avec nos habitudes d’être toujours à l’heure…

N’empêche, quand je disais que nous étions sortis en même temps, nous n’étions que trois, Lionel manquait à l’appel ! Alors, nous avons frappé à sa porte…aucune réponse ! Nous avons essayé de l’ouvrir…elle était fermée ! On a bien pensé qu’il pouvait nous avoir devancé, mais vu son état la veille… Nous sommes descendus au petit déjeuner. Il n’était pas là non plus. Une fois assis, nous nous sommes observés avec des regards suspicieux et inquiets. La femme de service habituellement très bavarde avec nous, est passée sans dire un mot. Elle paraissait sur la défensive et devait craindre nos questions !  Elle avait fait tellement vite, que nous avions été pris de court. Au moment où nous allions ouvrir la bouche, elle était déjà rendue, deux tables plus loin. C’est l’infirmière, chargée de la distribution des médicaments, qui nous informait que notre camarade avait été transporté à l’hôpital cette nuit.

Quelque peu crispée et hésitante elle nous annonçait que malheureusement, il n’y avait plus rien à faire, c’était fini.

 

La journée a été, pour nous trois, bien triste d’autant que dehors, le ciel était d’un gris à vous mettre le moral dans les chaussettes ! Je croyais deviner, à voir les regards narquois de nos aînés, ce qu’ils avaient en tête : « En voilà un, qui n’arrivera pas à cent… et vous, c’est pas sûr non plus, hein ! » Il ne faudrait pas qu’ils en rajoutent, ça pourrait mettre en colère Jean Claude, qui déjà, se plaint qu’il n’y a jamais personne pour nous remonter le moral dans cette maison ! Que l’on crée des cellules psychologiques, quand un enfant voit un chien se faire écraser et puis là, alors que nous sommes presque traumatisé, rien ! Il était tellement énervé qu’il a failli avaler son café de travers. Tout l’après-midi, nous avons été silencieux devant la télé. Aucun de nous n’a songé à mettre de la musique. Nous trois, étions anéanti par la disparition de notre camarade. Dans la pièce voisine, je croisais le regard compatissant d’Estelle, qu’elle gratifiait d’un sourire. Elle me redonnait un peu le moral. Ses collègues nous observaient, dubitatifs, probablement surpris par tant de sagesse subite. Ils doivent se dire égoïstement, la chance qu’ils ont d’être si jeunes !

 

Nous sommes en sursis ! C’est vrai, tout peut arriver. Une glissade… Un col du fémur brisé… et hop ! Croit utile d’ajouter le vétéran des vétérans avec sa voix chevrotante. Lui évidemment, il en est à 106… Il me tarde d’être à demain… que ce fichu anniversaire se fasse ! Du coup, le soir venu, nous sommes remontés tristement dans nos chambres. Je laissais le soin à Jean Claude d’ouvrir la marche, on ne sait jamais, un accident !… Bertrand, qui se cramponnait fermement à son déambulateur, comme à une bouée de sauvetage, fermait la marche. C’est fou, avoir été si rapide et maintenant être aussi lent ! Nous étions tellement las de l’attendre, qu’au moment d’entrer dans nos chambres, nous ne nous sommes même pas dit bonsoir !

C’est le grand jour ! Comme d’habitude, je m’apprête à descendre. C’était l’heure. J’entrouvre la porte et mets le nez dehors avec un peu d’appréhension. Au même instant, mes camarades en faisaient autant. À voir leur tête, je suis soulagé. Ils le sont probablement aussi.

Ils n’ont pourtant rien dit. La fierté, à nos âges !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

 

 

 

 

 

 

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 18:08

La pierre noire

 

Ce fut d’abord une pierre qui tomba à un mètre de son pied. Il se demanda d’où elle pouvait bien venir ? Il se tourna de tous côtés… Rien. Il était au centre d’une grande cour, de ce qui avait été, semblait-il, une ferme. Cela faisait quelque temps déjà, qu’il avait envie de visiter les lieux. Aujourd’hui, il avait pris son scooter et il était venu satisfaire sa curiosité. À une trentaine de mètres de lui, se trouvaient des bâtiments abandonnés. Les toitures étaient effondrées. Miné par les intempéries, l’ensemble était en train de se délabrer lamentablement.

Le sol sur lequel il marchait était tassé et dur comme du béton. Quelques brins d’herbe clairsemés çà et là, s’étaient entêtés à vouloir percer le sol. Aucun arbre n’avait réussit à y vivre, juste des pierres, que des pierres. Mais, celle qu’il avait vue et entendue tomber près de lui, n’était pas de celles-là ! Il se pencha pour la ramasser. Elle était noire et très lisse. Elle l’intrigua beaucoup. Pourquoi, alors que semblait-il personne n’habitait ici, une pierre était tombée là, à ses pieds ? L’idée lui était même venue, qu’elle pouvait être tombée du ciel ! Il rigolait, intérieurement, d’avoir eu cette pensée grotesque. Ça lui rappela sa grand-mère, qui, se chargeait de lui faire faire ses devoirs du soir, lorsqu’il était enfant. Elle lui disait souvent, quand il ne trouvait pas la solution et qu’il avait tendance à la chercher au plafond : « les solutions toutes faites ne tombent pas du ciel, mon enfant ! » Il ne lui restait alors, d’autres alternatives que de se remettre au travail.                   

 

À remuer ses souvenirs, il en avait presque oublié la pierre qu’il avait dans la main ! Il l’a tourna et la retourna encore. Elle était lisse et brillante comme un galet longtemps battu par les marées, sans en avoir la forme. Elle était bien différente et il pensa tout de suite, à une pierre à aiguiser, simplement un peu fatiguée par un usage répété.

 

Il n’eut plus qu’une idée en tête : trouver sa provenance ! Il pénétra dans un premier bâtiment. A sa grande surprise, il contenait encore d’antiques matériels agricoles rouillés. A un moment, il sursauta… un bruit sourd venait du bâtiment voisin ! Il s’arrêta net. Il se palpa le lobe de l’oreille « c’était le signe, chez lui, d’une réflexion intense ». Il se disait que le bruit venait sûrement d’un oiseau qui fuyait, effrayé de sa présence. De quoi pouvait-il s’agir d’autre ? Il passa néanmoins dans le bâtiment d’à côté, où il fut très étonné d’y trouver un vieil établi. Dessus, quelques outils à main traînaient encore, laissant penser que les occupants avaient été obligés de partir dans l’urgence.  Un peu plus loin dans un coin, un sac de sport un peu fatigué et décoloré était avachi à côté d’une vieille botte de paille…

 

Il eut, d’un coup, une sorte d’appréhension. Il se palpa nerveusement le lobe de l’oreille et… levant les yeux au ciel, grommela de rage ! Dehors, un scooter en pleine accélération venait de quitter les lieux…

 

 

  

 

 

 

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 14:14

 

 

 

Tous les ans, au début du printemps, Maria part se reposer  une quinzaine de jours sur la côte d’azur. Elle vient de prendre place dans le train. Le compartiment, dans lequel elle vient de pénétrer est vide. A cette saison, il n’y a jamais grand monde. Elle espère bien, rester seule et que personne ne viendra s’y installer durant le trajet.

 

            Maria est une jeune femme de trente ans, à la féminité exacerbée. Mettre ses atouts en valeur, quitte à paraître provocante, ne la gêne nullement. Aujourd’hui, elle porte un chemisier presque transparent, laissant entrevoir une lingerie de ton opposé. Sa mini-jupe fendue, découvre de longues jambes fuselées et nues. Ses collègues de bureau, lui disent souvent pour la chiner, qu’elle en fait peut-être un peu trop ! Elles les renvoient alors, à leur conversation, dans un haussement d’épaule moqueur.                                                       Aujourd’hui pour elle, c’est les vacances ! Alors si ça lui fait plaisir d’être aguicheuse, elle se sent libre !...

 

            Le train vient de démarrer et personne n’est venu demander à partager son compartiment. Maria commence à se mettre à l’aise, sort un polar de son sac et s’allonge sur la banquette. Elle déboutonne le haut du chemisier qui la serre, et s’attaque à la lecture.

 

            Une heure s’est à peine écoulée, que le lancinant bruit du train a endormi Maria. Elle n’a pas pu percevoir, tellement elle est assoupie, qu’un beau jeune homme d’une vingtaine d’années s’était assis sur la banquette d’en face. Il a l’air plutôt gêné, pourtant il aurait pu aller ailleurs, dans un autre wagon, mais...                                                                                       Il ne peut s’empêcher de regarder ses longues jambes. Son regard glisse ensuite, sur le corsage entr’ouvert, se noyant dans l’évasement qui sépare les seins. Il ne peut qu’imaginer leur rondeur cachée et leur couleur laiteuse. Il passerait  bien la main… le long de ces jambes…                                                                                                                                            Le temps passe… Maria, se tourne sur le côté, face à son voisin. Le bouquin lui glisse des mains, tombe par terre. Elle ne se réveille pas pour autant. La poitrine, comprimée par la position, laisserai presque supposer que ces seins vont sortir brusquement du chemisier entrouvert, comme de la boite de pandore. Les boutons sont soumis à rude épreuve ! Sa jupe fendue assez haut, laisse entrevoir le triangle rouge du sous-vêtement, dernière barrière à l’eldorado du plaisir.

            Le jeune homme est en un tel état d’excitation, que le désir devient une torture morale. Va-t-il oser, enfin… il n’en peut plus, il va falloir qu’il assouvisse son désir. Quoi …c’est plus possible !...

            Il  ose enfin… tout en se penchant, il avance la main par saccades, tel un automate, toujours prêt à  se rétracter. Sa main, lentement, s’avance vers les jambes de la jeune femme et alors qu’il est sur le point de les toucher ; le train, brusquement s’arrête dans un crissement de freins strident. L’arrêt brutal, a stoppé son mouvement et réveillé Maria en sursaut.

            Elle se rassied lentement, passe la main dans ses cheveux, reboutonne son chemisier, ramasse son bouquin. Elle est un peu surprise de la présence du jeune homme. Elle avait eu le sentiment d’être seule.

            Ils sont dépités tous les deux. Le jeune homme, d’avoir été stoppé dans ces élans, Maria d’être réveillée en sursaut.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

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