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  • : desgoutsetdescouleurs
  • : Passionné de littérature, j'écris des nouvelles et autres textes courts. J'ai aussi commis deux romans dont un qui vient de sortir sur Atramenta.net : le long chemin de l'oubli. il est aussi en vente sur Amazon et dans toutes les librairies, digne de ce nom. J'affectionne aussi le dessin,la peinture : Aquarelle-Pastel-Huile, la sculpture sur bois.portraits de leo ferré, brassens. sculpture sur bois
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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 11:03

   ce texte qui raconte le rapport affectif qu'un homme a avec son chien a été écrit avec un contrainte chère à Perec... l'abscence du a dans tout le texte

 

 

 

Un dernier soupir.

 

En ce début de journée de septembre, le soleil perce difficilement les cumulo-nimbus qu’un terrible vent pousse d’Ouest en Est. Olivier espère du soleil, qu’il se pointe enfin et dissolve cette brume dense et froide.

 

Il observe les péniches indolentes qui progressent, le petit jour venu, sur l’étendue sombre de leur chemin liquide. Sur les berges, recouvertes d’une herbe dense et en divers endroits touffue, un sentier entreprend de trouer la verdure prolixe. C’est le lieu de prédilection d’Olivier et de Méphisto, son fidèle Teckel, lors de leurs errements de lève-tôt. L’endroit est serein, c’est ce qu’il prise le plus en ce lieu et même si de temps en temps, on peut entendre le bruit d’un moteur tousser ou d’un pécheur s’énerver et jurer contre tous les dieux, source obligée de ses déboires, c’est selon lui, l’endroit rêvé pour se promener en toute quiétude.

 

Le blouson d’Olivier est fermé tout du long. En guise de couvre-chef, un vieux béret décoloré, lui protège le bourrichon du vent frisquet. Seules les douleurs osseuses muent son cheminement régulier en un pénible boitement. De son côté, Méphisto souffre des mêmes ennuis ; il n’empêche, il suit encore, empressé et l’espoir toujours contenté, une fois rentré de se coucher près du rebord de cheminée sur une vieille couverture. Courir le guilledou n’est nullement son lot, ni non plus les équipées guerrières derrière son chef, comme ses congénères.

 

Olivier s’oblige, tous les jours et même si les mouvements lui sont difficiles et sur plusieurs kilomètres, de se promener comme méthode contre l’ennui ; le retour s’effectue sur le côté opposé. Depuis quelques jours il se promène seul, Méphisto n’en peut plus, il souffre trop de tous ses membres pour suivre le rythme, même lent, qu’impose Olivier.

 

En ce jour, il ne veut point prendre cette direction, il est bien trop triste. Il se sent trop seul…

Olivier, troublé, se remémore l’œil humide cette fin de nuit, où il eut ce funeste pressentiment. Dès son réveil, il retrouve en cuisine une couffe vide. Méphisto est couché sur le côté un mètre plus loin, derrière le buffet comme pour tirer un voile pudique sur son infélicité. Immobile, les yeux presque vitreux, Olivier l’observe inquiet, il ne veut y songer, il est toujours ici ! Il croit qu’il bouge, oui…il bouge et puis une infime secousse… son dernier soupir…et plus rien… c’est fini…

Olivier le mis en terre, près du cerisier et n’eut en cette minute que le projet de reprendre ses excursions quotidiennes.

 

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